Un an après la guerre de l’Artsakh, la blessure persiste chez les Arméniens du Canada

(OTTAWA – 27 septembre 2021) – Un an après l’horrifiante guerre de 44 jours menée contre la République d’Artsakh, les autorités azerbaïdjanaises persistent dans leurs violations des termes de l’accord de cessez-le-feu, et menacent ouvertement de nouvelles effusions de sang et de violence.

Le 27 septembre 2020, les Canadiens se sont réveillés devant des scènes de souffrance et de destruction inimaginables alors que les forces azerbaïdjanaises, soutenues par la Turquie, ont lancé une offensive à grande échelle contre la République d’Artsakh, ciblant sans distinction aucune tant des infrastructures militaires que civiles.

“Bien qu’un cessez-le-feu dont les termes étaient disproportionnellement asymétriques ait mis fin aux affrontements le 9 novembre 2020, une paix durable, ainsi qu’une résolution équitable du conflit en Artsakh, demeurent loin d’être atteints”, a déclaré Hrag Tarakdjian, co-président du Comité national arménien du Canada (CNAC).

Ce cessez-le-feu, négocié par la Russie en dehors du cadre du Groupe de Minsk de l’OSCE, a appelé aux deux parties à procéder à un échange de prisonniers de guerre et de corps de victimes. Malgré ces conditions, près de 200 prisonniers de guerre arméniens sont toujours détenus illégalement par des azerbaïdjanais aujourd’hui.

“Malgré des dispositions claires de l’accord de cessez-le-feu visant à relever les nombreux défis de l’après-guerre, l’Azerbaïdjan en viole ouvertement les conditions; au mépris des appels des nations médiatrices, il tente de manière agressive d’obtenir de nouvelles concessions de la part de l’Arménie”, a ajouté Tarakdjian.

En outre, depuis mai 2021 et sous couvert d’efforts de démarcation des frontières, l’Azerbaïdjan a infiltré le territoire souverain de la République d’Arménie, terrorisant la population locale, bloquant des voies de communication et de transport essentielles, et clamant des revendications territoriales sur la capitale de l’Arménie, Erevan.

Le 27 septembre 2020, les Canadiens ont également appris que des drones Bayraktar TB2 de fabrication turque, équipés de l’avionique d’acquisition de cibles WESCAM MX1-5 de fabrication canadienne, étaient utilisés contre les habitants d’Artsakh, élément qui a pu faire pencher la balance en faveur des forces azéries pendant la guerre.

Malgré une enquête sanctionnée par le gouvernement et une commission d’enquête parlementaire, les Canadiens ne savent toujours pas exactement comment et pourquoi le gouvernement canadien a choisi d’accorder des exemptions qui allaient à l’encontre du moratoire d’Ottawa sur les ventes d’armes à la Turquie.

« À défaut d’une présence diplomatique canadienne en Arménie, et en l’absence de renseignements fiables provenant de la région, les mécanismes de surveillance étaient totalement inexistants; cette situation signale un manque de jugement et un cas évident de négligence de la part du Canada », a déclaré Shahen Mirakian, co-président de l’ANCC.

En avril 2021, le gouvernement canadien a décidé d’annuler tous les permis précédemment accordés à WESCAM. Cependant, aucune excuse formelle n’a été présentée, ni aucun engagement sérieux pour réformer le régime lacunaire d’exportation d’armes du Canada.

« Si nous voulons rester fidèles à nos valeurs et à notre réputation internationale d’artisans de la paix, le gouvernement canadien doit prendre des mesures sérieuses pour réformer nos réglementations sur l’exportation d’armes, et adopter une position de principe sur la défense des droits fondamentaux des peuples opprimés, au lieu de se voir devenir complice de leur oppression », a conclu Mirakian.

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